Jean-Paul Joseph
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Bandol face au COVID-19 : comment a été gérée la crise sanitaire

Je reviens sous forme de questions/réponses sur ce qui a été fait ces 3 derniers mois à Bandol par la commune dans le cadre de la crise sanitaire du COVID-19.

Comment la commune a-t-elle fait face à cette crise sans équivalent dans notre histoire ?

Concrètement, comment a fonctionné la Mairie ?

Quelles ont été vos priorités durant cette période ?

Pouvez-vous nous éclairer sur l’épineuse question des masques qui a soulevé et continue de soulever, un vif débat au plan national ?

Une autre question concerne les couvre-feux qui ont été mis en place par plusieurs communes dans le Var ?

S’agissant du soutien aux plus fragiles, quelles actions ont été mises en œuvre ?

Cette crise sanitaire aura des répercussions économiques et sociales eimportantes, quelles seront les mesures prises pour accompagner l’économie de proximité ?

Et concernant les actions de communication et de promotion de la ville ?

Qu’en est-il de la sortie du confinement ?

Quel regard portez-vous sur ce moment grave de l’histoire de notre pays ?

Comment la commune a-t-elle fait face à cette crise sans équivalent dans notre histoire ?

Je pense que nous avons été très réactifs.

  • Le 11 mars, les directeurs de la commune sont sollicités pour anticiper le déploiement du télétravail
  • Le 13 mars, est constituée une cellule de crise composée du Maire et des adjoints, du directeur de Cabinet, des directeurs, de la directrice du CCAS, de la responsable de la communication et du responsable de la sécurité et de l’accessibilité. Cette cellule de crise s’est réunie tous les jours, week-end compris, par visioconférence.
  • Le 16 mars, un service minimum est mis en place en Mairie, avant même l’annonce du confinement à la population.

Je rappelle que candidat à l’élection municipale, dont le 1er tour a eu lieu le dimanche 15 mars, j’informais le vendredi 13 mars la population dans une vidéo et un communiqué que je mettais fin à la campagne électorale, quel que soit le résultat du 1er tour, pour me consacrer entièrement avec l’équipe municipale à la gestion de la crise sanitaire au plus près des Bandolais. Depuis le 13 mars et jusqu’à hier, notre site de campagne est resté inactif.

Concrètement, comment a fonctionné la Mairie ?

Un plan de continuité d’activité (PCA) en poursuivant trois objectifs :

  • Assurer un service public « minimum », recentré sur les missions « essentielles » ;
  • Limiter la propagation du virus au sein des établissements de la collectivité ;
  • Protéger les agents en activité contre ce risque.

Les services et structures suivants sont restés ouverts avec des effectifs réduits variant selon les nécessités de continuité du service public : direction générale des services, police municipale, services techniques, CCAS, communication et brigade de l’environnement.

Il faut préciser que chaque matin la cellule de crise a adapté l’organisation des services communaux pour répondre aux besoins de la population.

Je souhaite à cet égard remercier le personnel communal qui s’est mobilisé sans compter durant cette crise d’une exceptionnelle gravité ; et plus généralement, je remercie toutes celles et tous ceux qui, chaque jour, ont été à pied d’œuvre sur le terrain au service de la population.

Quelles ont été vos priorités durant cette période ?

Protéger et accompagner notamment nos aînés et les plus vulnérables ont été la priorité des services de la Ville et du CCAS.

Les services publics essentiels ont été maintenus, et de nombreuses mesures de soutien aux acteurs du territoire ont été mises en place.

S’agissant de la protection de la population, nous avons communiqué de manière soutenue sur le site Internet de la ville, mais aussi à l’aide d’un véhicule muni d’un haut-parleur, notamment sur la nécessité de respecter strictement les gestes barrières et la distanciation sociale.

Nous avons distribué beaucoup de masques d’abord aux professionnels les plus exposés, puis à l’ensemble de la population

Enfin parce que nous savons tous que la période de confinement est très difficile à vivre et que la culture « établit un trait d’union entre les autres et soi-même », la Médiathèque a mis en place un service de livraison de livres, DVD, BD du 7 avril au 9 mai. Au total, 285 documents ont été distribués et toutes les demandes des adhérents ont été satisfaites.

Justement, pouvez-vous nous éclairer sur l’épineuse question des masques qui a soulevé et continue de soulever, un vif débat au plan national ?

Je ne me risquerai pas d’entrer dans ce débat, mais il est clair que la commune a dû gérer la pénurie et répondre à la demande locale. Dès le 20 mars, nous avons fourni des masques FFP2 au personnel soignant, médecins, infirmier(e)s, kinés, biologistes, radiologues.. (dont des membres de la liste de M. Bayle…) et par la suite aux pompiers, à la Pouponnière, aux ambulanciers, aux dentistes, à notre EHPAD.

Puis la décision a été prise de doter en masques chirurgicaux les auxiliaires de vie et les aides ménagères ainsi que les commerçants. S’agissant de ces derniers, le service « commerces et acteurs économiques » de la commune a recensé la distribution de 4 000 masques soit un peu plus de 650 masques par semaine, du 3 avril au dimanche 17 mai.

Pour ce faire, j’ai passé directement commande à un importateur, le 7 avril, de 2 400 masques chirurgicaux et la commune a acheté le 24 avril 2020 8 000 masques chirurgicaux et 1 000 masques FFP2.

En outre, la commune a distribué à la population peu avant le déconfinement, les 5, 6 et 7 mai, gratuitement, des masques grand public de très bonne qualité (type 1), normes AFNOR, lavables 25 fois. La distribution s’est faite sur trois sites distincts (parkings central et du gymnase ainsi qu’à proximité de l’école du Bois Maurin) et s’est poursuivie pour les retardataires, du 11 au 16 mai, à l’Hôtel de Ville.

Au total, ce sont 8 500 masques grand public qui ont été distribués « en temps et en heures » aux Bandolais.

Il a fallu enfin fournir le personnel communal en masques grand public, et pour certains personnels en contact direct avec les enfants ou des administrés, en masques chirurgicaux.

Une autre question concerne les couvre-feux qui ont été mis en place par plusieurs communes dans le Var ?

On peut relever à cet égard que le préfet des Alpes-Maritimes a instauré, un couvre-feu sur tout son département pour les villes de plus de 10 000 habitants.

J’ai décidé effectivement de prendre en réalité deux arrêtés, car nous avons constaté au début du confinement, je veux parler bien sûr des élus présents sur le terrain mais aussi des administrés, trop de monde dans les rues que ce soit en journée ou en soirée.

Face à cette indiscipline, j’ai décidé de prendre notamment deux arrêtés. Le premier a instauré un couvre-feu avec des exceptions pour les personnes qui exercent des missions de service public, pour le personnel de santé et pour l’approvisionnement des commerces. Le second a limité les déplacements à 300 mètres à partir du lieu du domicile.

Ces arrêtés ainsi que le confinement ayant produit leurs effets, les deux arrêtés municipaux de couvre-feu et de limitation de distance ont été retirés le 24 avril 2020.

S’agissant du soutien aux plus fragiles, quelles actions ont été mises en œuvre ?

Il faut au préalable saluer le travail du CCAS. À cet égard, comment ne pas se féliciter qu’aucun occupant de la résidence Autonomie « LES ACACIAS» n’ait été touché par le COVID-19 grâce à la gestion exemplaire de l’établissement.

Le CCAS a mis en place avec la commune un service d’aide spécifique aux « courses alimentaires » durant la période de confinement. Les services du CCAS ont pris régulièrement, par téléphone, des nouvelles des personnes âgées isolées et ont continué de travailler avec les assistantes sociales.

Dès le 26 mars et jusqu’au 9 mai, un service de repas est mis en place gratuitement pour une dizaine de personnes en très grande difficulté avec l’aide de « CARREFOUR MARKET » dont je remercie son directeur, M. Tressol, qui a fourni les denrées alimentaires. Les services techniques de la ville ont procédé à la distribution de ces paniers-repas aux plus démunis.

À compter du 30 mars, une convention de partenariat est signée avec la Banque Alimentaire du Var, dont je salue l’action de son Président, M. Gattullo, afin de mettre en place une distribution de colis.

C’est ainsi que du 1er avril au 07 mai, 110 familles environ, soit 180 personnes, ont également bénéficié une fois par semaine de la livraison de colis alimentaires par les Services techniques de la ville.

À compter du 13 mai, et à la suite du déconfinement, 60 familles environ, soit 100 personnes se sont déplacées au Restaurant Scolaire une fois par semaine pour retirer les colis.

Je me réjouis qu’une véritable chaîne de solidarité se soit constituée durant cette période pour venir en aide aux plus vulnérables d’entre-nous.

Cette crise sanitaire aura des répercussions économiques et sociales importantes. Quelles sont les mesures prises pour accompagner l’économie de proximité ?

Le service « commerces et acteurs économiques » de la commune a répondu aux commerçants désireux de connaître les modalités d’accès aux aides nationales et régionales. Par ailleurs, la commune a récapitulé l’ensemble de ces aides et leurs conditions d’octroi sur son site Internet avec les liens correspondants.

Nous travaillons d’arrache-pied depuis plusieurs semaines pour « vendre » la destination Bandol.

  • Exonération des redevances d’occupation du domaine public non seulement durant la période de confinement, mais jusqu’à la fin de l’année pour les commerçants  occupant un bâtiment de la commune. Montant de la perte de recettes 516 000 €.
  • Exonération pendant la période de confinement pour les marchés journalier et hebdomadaire.
  • Exonération, sous certaines conditions, des loyers pour les titulaires de baux commerciaux appartenant à la ville durant la période de confinement. Des mesures complémentaires seront éventuellement envisagées selon l’évolution de la saison.
  • Exonération totale des redevances des titulaires des sous-traités de plage du 1er avril jusqu’à la date d’ouverture des plages avec une diminution de la redevance jusqu’au 31 octobre en fonction de la diminution de surface occasionnée par les mesures sanitaires. Ou augmentation exceptionnelle des surfaces si accord du préfet.
  • Les places de stationnement en surface ont été gratuites jusqu’à la levée du confinement et il a été décidé de rendre les trois premières heures gratuites pour les parkings Central et Stade jusqu’au 30 juin prochain.
  • Augmentation, au cas par cas, de l’occupation du domaine public et des droits des terrasses rendue possible pour les commerces situés quai de Gaulle grâce à la nouvelle configuration du quai qui s’est traduite par une augmentation de la promenade piétonne de plus de 60%.
  • Au final, ces mesures d’exonération et d’aides en faveur du commerce local représentent la somme de plus de 750 000 € que je proposerai d’imputer sur le prochain budget.

Par ailleurs, la commune a sollicité le 12 mai des bailleurs privés pour qu’ils étudient la possibilité d’un report du loyer commercial de leurs locataires dans la limite de 18 mois, voire d’exonération sur la durée du confinement.

Et concernant les actions de communication et de promotion de la ville ?

La commune a initié une action de communication pour consommer local tant sur son site Internet que dans Var-Matin « J’y suis, j’y vis, JE CONSOMME ICI ! ». Une vidéo de promotion de nos commerces bandolais a été diffusée dans le cadre d’une campagne sponsorisée sur Facebook.

Depuis quelques semaines les services de l’Office de Tourisme, travaillent en relation avec la commune, sur une campagne promotionnelle pour « séduire, rassurer et rester attractif ». Il s’agit de renforcer la présence de Bandol sur les réseaux sociaux en revisitant les outils médias et numériques tout en renforçant les parutions dans la presse écrite.

Il s’agit aussi de répondre aux attentes des visiteurs et des professionnels de notre destination.

Par ailleurs, une campagne de communication sera lancée à la mi-juin par la ville complétée par des supports de communication relatifs à la programmation événementielle de l’été.

Enfin, les services communaux travaillent pour mettre en place des animations estivales attractives dans ce contexte incertain, en partenariat avec l’association des commerçants. Grâce au nouveau quai de Gaulle, il sera bien plus aisé que par le passé de proposer des animations musicales ou culturelles dans cet espace de vie retrouvé.

Le nouveau quai de Gaulle avec la suppression de 60% d’enrobé, mais aussi avec la suppression d’une voie de circulation, devient un outil commercial et d’animation de premier plan.

Ce sont des mesures très concrètes pour soutenir l’économie réelle que je m’engage à prendre et qui sont rendues possibles par la saine gestion de la commune.

Qu’en est-il de la sortie du confinement ?

La phase 1 du déconfinement avec l’ouverture des marchés journalier et hebdomadaire s’est bien déroulée grâce aux efforts des commerçants et à la mobilisation des services municipaux.

Nous nous attachons à préparer, comme chaque année, l’ouverture au 15 juin du marché nocturne.

La commune a pu aussi rouvrir le 18 mai, à ma demande et sur décision du Préfet, et préalablement à la présentation d’un protocole sanitaire, la plage Centrale et la plage de Rènecros de 10h00 à 18h00. Bandol a été l’une des rares communes françaises autorisées à accueillir des activités statiques sur ces deux plages. La gestion des deux plages durant la période par les « agents COVID » a été très bien assurée.

Un dossier qui a demandé beaucoup d’énergie a été celui de l’ouverture des écoles avec un protocole sanitaire de l’Education Nationale qu’il a fallu mettre en œuvre très rapidement. Je me réjouis du travail de concertation fructueux effectué entre l’Inspection d’Académie, les directrices d’écoles et la commune qui nous a permis de rouvrir progressivement les classes sans anicroches majeures.

Nous entrons maintenant dans la phase 2 du déconfinement, qui se déroule du 2 au 21 juin, avec notamment la réouverture très attendue des cafés, bars et restaurants.

Cette phase de déconfinement est très importante, car elle ouvre la perspective d’un retour le plus rapide possible à une dynamique économique et sociale

Quel regard portez-vous sur ce moment grave de l’histoire de notre pays ?

Il est certainement trop tôt pour en tirer des conclusions d’autant que nous sommes, je veux parler des maires et des élus locaux, en première ligne pour expliquer et mettre en œuvre les mesures prises et aujourd’hui préparer sans relâche le déconfinement.

Je relève néanmoins que le Covid-19 a sans doute contribué à faire bouger les lignes afin de redéfinir les priorités et les modes d’organisation et de consommation.

Je note au fil de la crise sanitaire, la volonté de l’État de laisser aux autorités locales, notamment aux maires et aux préfets, la possibilité d’adapter la stratégie nationale en fonction des circonstances locales. Il est clair que le « couple Préfet-Maire », a joué un rôle majeur dans la mise en œuvre concrète du déconfinement.

La période inédite que nous traversons réclame solidarité, mobilisation et implication de tous pour relancer l’activité de notre pays.

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