Jean-Paul Joseph
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Quand l’opportunisme fait pschitt…

Il existe des terrains glissants où seul(e)s quelques intrépides osent s’aventurer. Encore se lancent-ils après avoir préparé soigneusement leur expédition, vérifié leur matériel et s’être entourés de conseils avisés. Ces aventuriers sont salués pour leurs exploits et leur courage.


En politique, il devrait en être de même. Ce n’est hélas pas toujours le cas. Une maladie bien connue guette l’élu(e) en mal de surface médiatique : l’opportunisme. Ce courant politique qui prônait la prudence et le réalisme sous la IIIe République a mal vieilli : il est aujourd’hui synonyme d’attitude qui consiste à régler sa conduite selon les circonstances du moment au mieux de ses propres intérêts. Mme Cercio s’illustre une fois de plus dans la 2e catégorie. Et son opportunisme – très intéressé – fait pschitt…

Le 4 mai, M. Passalacqua envoie un courriel à tous les parents des élèves de l’école de musique dont il était le directeur avant de prendre sa retraite :

« Madame, Monsieur,
Je me permets de vous adresser ce courrier puisque j’ai décidé d’anticiper mon départ à la retraite et donc de quitter mes fonctions de directeur de l’école de musique de Bandol, que j’occupe depuis 2004, avec, au paravent (sic), une période d’enseignement depuis 1998.

J’ai pris cette décision, non dénuée d’amertume, après avoir mûrement réfléchi.

Je pense que vous êtes en droit de connaître les raisons qui m’y ont amené. En parler avec vous me libère d’un mal-être profond que je ressens depuis la nouvelle mandature. Merci de votre attention :

Depuis l’avènement de la nouvelle municipalité, je n’ai pu que constater une lente dégradation de mes conditions de travail de nature à altérer ma santé.

Les désagréments ont débuté avec l’Orchestre Municipal de Bandol auquel je m’étais attelé à redonner une vraie notoriété. Les nombreux élèves de l’école, encadrés par leurs professeurs, qui ont pu intégrer cette harmonie ont considérablement amélioré leur niveau musical, tout en contribuant au rayonnement de la commune de par la qualité de ses représentations, toujours appréciées de la population. C’est alors que de nombreuses tracasseries administratives ont vu le jour ; rien ne m’a été épargné. C’est pourquoi, après m’avoir fait comprendre, que l’art musical était soumis à une finalité exclusivement financière, j’ai préféré, à contrecœur, renoncer à la direction de cette formation.
Concernant l’école de musique, après m’avoir largement fait comprendre que l’enseignement musical devait lui aussi être soumis aux restrictions budgétaires, nos nouveaux édiles m’ont également fait sentir que mon départ pouvait être la solution financière.

Pour ma part, je n’ai jamais assimilé la musique et son enseignement à l’échelle municipale, comme une P.M.E. évoluant à coup de restructurations, de mutualisations, et de rationalisations… « Humaines » ! La culture a un prix, et l’inculture, elle ?
Approchant de l’âge de la retraite, je suis dans un tel état de désarroi et de fatigue, que je ne me sens plus la force de lutter contre des moulins à vents ou des chimères pseudo- économiques.

Mon départ permettra peut-être ainsi à la commune de faire des économies budgétaires ! Tel est peut-être, l’objectif de la stratégie ? Ou peut-être aussi de mettre à ma place, un courtisan plus dévoué ?

Forcer de constater qu’aujourd’hui, le choix du roi c’est porté arbitrairement sur un enseignant, à l’insu des autres, et sans aucun appel d’offre à ceux qui réunissaient les diplômes requis pour postuler.

Voilà brièvement ce que je voulais que vous sachiez.

Je tiens à vous exprimer toute ma reconnaissance pour les merveilleuses années de bonheur et de joie que vous avez pu me procurer à travers la réussite de cette école qui, lorsque j’en ai pris la direction, est passée de 40 à près de 200 élèves en peu de temps. Je me suis toujours investi au mieux pour le respect et le bien être des élèves et de leurs professeurs, ainsi que pour le bon fonctionnement de cette structure.

Je pars la conscience tranquille, le cœur meurtrit, certes……. Sans la moindre réaction, ni même un « au revoir » de mon employeur. Je souhaite de tout cœur, pour vous tous et vos enfants, la pérennité de l’école de musique de Bandol.
Merci d’avoir pris le temps de me lire. Gérard Passalacqua. »

Mme Cercio, outragée par tant d’injustice, publie sur son blog le courriel de M Passalacqua assorti d’un commentaire toute en finesse sur sa page facebook :

« Vos méthodes punitives sont hors d’âge et inacceptables. Trop nombreuses sont déjà les victimes de vos agissements et cela dans tous les secteurs.»

Mme Valérie Bouron, conseillère municipale en charge de l’éducation musicale, rétablit la vérité sur les faits :

« Chers parents, chères familles,
Vous avez reçu le 4 Mai dernier un mail de M. Gérard Passalacqua, ancien directeur de l’Ecole de Musique. Je ne peux qu’en regretter l’impudeur et les inexactitudes. La réserve et la mesure doivent, me semble-t-il, caractériser les propos et les écrits des employés municipaux comme ceux des élus. C’est la raison pour laquelle je rédige une brève mise au point et demeure à l’écoute de chacun pour répondre à d’éventuelles interrogations.

Dès le début de la mandature, je suis informée par le Service Culture et Animations d’une série de manquements de M. Passalacqua dans l’exercice de ses missions; manquements dûment constatés et actés par des courriers, notes et rappels verbaux de sa hiérarchie. Je constate moi-même que M. Passalacqua est rarement présent dans les locaux de l’école de musique ainsi qu’un défaut majeur de rigueur administrative. Le service auquel il est rattaché l’enjoint notamment de produire des plannings hebdomadaires de cours pour les professeurs, des feuilles de présence, des fiches de congés, un tableau récapitulant les auditions et concerts prévus sur l’année.

Voici ce qui vraisemblablement a causé la fatigue et le désarroi de Monsieur Passalacqua … ainsi que la dégradation de ses conditions de travail…

Dans le même temps M. Passalacqua refuse à plusieurs reprises de communiquer des éléments de la comptabilité de l’association qu’il dirigeait et qu’il évoque dans son mail.

Point de « chimère pseudo économiques  » à la mairie de Bandol mais une volonté de restructurer les services afin de rationaliser et mutualiser les moyens humains et techniques. N’en déplaise à M. Passalacqua cela n’affecte en rien l’école de musique qui continuera à disposer de ses propres locaux, d’une équipe d’enseignants qualifiés et d’un Directeur. De surcroît l’école de musique bénéficie d’un budget en augmentation cette année.

Lorsque Monsieur Passalacqua a souhaité prendre sa retraite, le choix s’est naturellement porté sur M. Frédéric Ferraro, professeur de guitare, qui avait déjà assuré avec succès l’intérim de l’école lors d’une absence de son Directeur. Le changement de direction vous a été communiqué par mail et M. Ferraro se présentera officiellement lors d’une manifestation de fin d’année scolaire.

Les nouveautés à l’école de musique:
– la carte d’adhérent offrant une remise de 15% sur les spectacles musicaux proposés par la ville -la remise d’un diplôme en fin d’année validant le passage en année supérieure -l’invitation des familles par mail à tous les concerts et auditions
– une communication enrichie: affiches, flyers, programmes distribués à chaque manifestation
Les réalisations à venir:
– connexion de l’école au réseau internet
– renouvellement progressif du matériel suite à l’inventaire
– décoration de l’école par des peintures et fresques réalisées par les ados fréquentant le Carré Jeunes
– ouverture de nouvelles classes: violon, musiques actuelles…
– rencontres et échanges avec des écoles alentours

Je vous prie de croire, chers parents, chères familles, à l’assurance de mon dévouement pour les délégations qui m’ont été confiées et me tiens à votre disposition pour échanger sur tous vos sujets d’interrogations.

Valérie Bouron, conseillère municipale en charge de l’éducation, restaurant scolaire, école de musique. »

La morale de l’histoire coule de source : « la ruse la mieux ourdie peut nuire à son inventeur et souvent la perfidie retourne sur son auteur. »

La Fontaine.

Catégorie: Délégations