Jean-Paul Joseph
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Calanque du Capelan : Le Méditerranée renaît (enfin)

C’est un petit bout de terre qui avance ses rochers dans la mer et laisse deux anses de sable mêlés de galets où il fait bon se reposer.

Historique du lieu

Depuis plus de 50 ans, c’est le rendez-vous incontournable des amoureux de Bandol. Ici se nichent deux paillotes construites de bric et de broc dans les années 30, lieux d’excellence de l’art de vivre provençal.

Avec les années et faute d’un entretien régulier, les deux bâtiments se sont lentement dégradés.

En 2014, les élus décident de redonner une nouvelle vie à cet écrin et lancent un appel à projet. Le candidat dont le dossier répondait le mieux aux critères de l’appel d’offre et présentait les meilleures propositions a dû renoncer, les banques ayant rejeté sa demande de financement. Ce candidat a mis fin à la procédure en mars 2015.

L’instabilité politique à ce moment-là et qui a conduit à de nouvelles élections en décembre 2015 n’a pas permis de faire avancer le dossier.

Un second appel à projet est lancé en février 2017. L’offre de la société PMB est retenue en juillet 2017. Mais un candidat évincé conteste l’attribution en introduisant un recours gracieux contre le choix de la commune. Ce recours est rejeté en octobre 2017. Le bail commercial peut enfin être établi avec le preneur en novembre.

L’état des lieux qui s’ensuit constate d’importantes dégradations volontaires sur le bâtiment et notamment sur une toiture amiantée. Ces désordres étant antérieurs à la prise de bail, il appartenait à la commune de les réparer. Un protocole transactionnel et un avenant seront ultérieurement conclus avec le preneur et approuvés par le conseil municipal du 14 juin 2018.

Mais la déclaration préalable de travaux est déposée dès le 8 janvier 2018. L’association Confédération Environnement Méditerranée dépose un recours gracieux en mars. Ce recours est soutenu par l’association Bandol Littoral. Le recours est rejeté en mai 2018.

La Confédération Environnement Méditerranée ne désarme pas pour autant et conteste par courrier envoyé en juin l’existence légale de l’établissement (d’après CEM aucun permis de construire n’aurait été déposé lors de la première construction… il y a plus de 70 ans). Les réponses apportées et tous les recours purgés, la société PMB peut envisager le début des travaux.

De nouveaux actes de vandalisme ont lieu dans le courant du mois d’octobre 2018, impliquant l’intervention des assureurs. Le désamiantage de la toiture fait également l’objet d’une attention administrative toute particulière.

Après bien des embûches, les travaux démarrent (enfin) en début d’année 2019.

Le premier restaurant, le « Méditerranée» ouvrira début août avec le recrutement de plus de vingt personnes, dans un cadre exceptionnel et pour offrir une cuisine raffinée pleine des saveurs de la Méditerranée.

Les nombreuses contre-vérités dites sur ce projet

Ce long rappel historique était nécessaire pour mettre un terme aux nombreuses contre-vérités ressassées sur les réseaux sociaux par quelques faux nez qui n’ont de cesse de retarder avec une opiniâtreté sans faille tous les projets et font de la défense de l’environnement une arme à visée purement politique.

Ces Janus avancent sous le double masque de la duplicité : côté face, ils se posent en dernier rempart du saccage des merveilles de nos rivages (mais défendent surtout « leur » calanque, là où ils ont leurs habitudes et qu’ils ne veulent guère partager), côté pile, ils distillent sous forme d’innocentes questions leurs avis d’experts en tous genres et leurs prophéties de catastrophes annoncées.

A raison d’environ un post par jour depuis des mois, chacun y va de son commentaire et de son appréciation sur la manière de conduire les travaux, le respect des règles d’urbanisme en vigueur, le choix des matériaux, la viabilité du projet, la pertinence architecturale et même les qualités professionnelles du preneur.

Ces critiques systématiques, ce travail de sape, ce harcèlement sont insupportable : les gérants de la société PMB sont épiés dans leurs moindres faits et gestes, ils sont « mitraillés » quotidiennement et les photos jetées en pâture sur Facebook. Ils se sentent persécutés.

Ces vilipendeurs sont sûrs de leur bon droit. « Comment ? Tout ceci est intolérable ! » crient-ils, rouges de colère en s’époumonant. Alors ils déposent recours sur recours et le droit s’applique : les juges les déboutent.

« La critique est une chose bien commode ; on attaque avec un mot, il faut des pages pour se défendre » – Jean-Jacques Rousseau.

Catégorie: environnement, Urbanisme