Jean-Paul Joseph
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Maison des Vins : il n’y aura pas d’ingérence extérieure dans les affaires de la ville

Le feuilleton de la vente de l’immeuble appelé communément « Maison des Vins » et qui accueille l’Oenothèque des vins de Bandol touche à son épilogue. Nous aurions pu éviter bien des crispations si cette affaire n’avait pas été médiatisée et politisée dès son origine.

Rappel du contexte

La ville souhaitait vendre l’immeuble pour des raisons légales : il est apparu que la SOGEBA, qui le gère depuis 10 ans dans le cadre d’un bail à construction signé avec la commune pour 50 ans, ne peut statutairement exercer une activité immobilière.

Deux solutions s’offraient alors à la commune : vendre l’immeuble ou bien verser l’indemnité de rupture du bail à construction à la Sogeba et récupérer sa gestion (coût : un peu moins de 2 150 000€).

Dans un premier temps, nous avons estimé que la ville n’avait pas vocation à gérer de l’immobilier, d’autant plus que les loyers pratiqués actuellement sur les locaux du rez-de-chaussée sont loins du prix du marché et que la rentabilité de l’immeuble est par conséquent loin d’être assurée.

Pour autant, chacun avait bien conscience qu’il fallait protéger l’Oenothèque des Vins de Bandol, vitrine de l’appellation. C’est pourquoi j’avais évoqué cette question avec M. Tari, ancien président des Vins de Bandol et lui avais proposé la piste de l’Office de Tourisme si l’Oenothèque se voyait dans l’obligation de déménager après le rachat de l’immeuble par un tiers.

Ingérence de M. Bernhard

Le président de la communauté d’agglomération Sud-Sainte-Baume et maire de Sanary, M. Bernhard, a cru bon s’immiscer dans le débat pour proposer de racheter l’immeuble « Maison des Vins ». Un intérêt soudain et une ingérence dans les affaires de Bandol qui n’étaient sûrement pas étrangers à mon opposition quelques jours auparavant à la baisse de 100 000 euros de la subvention de la CASSB pour le Quai de Gaulle, afin les réattribuer à une opération à Sanary…

Un appel à candidatures pour l’acquisition de la Maison des Vins a donc été lancé le 12 juillet 2019 avec une remise des offres au plus tard le 15 octobre 2019.

Faut-il rappeler qu’en interrompant la procédure de mise en concurrence, comme le souhaitait M. Bernhard, la commune prenait le risque d’un recours possible d’un candidat. Faut-il rappeler surtout que la mise en concurrence avait pour objet, au delà du respect du principe de transparence, d’obtenir l’offre financière la plus intéressante possible dans un souci de préservation des deniers publics.

La Communauté d’agglomération pouvait très simplement candidater dans le cadre de cet appel à concurrence. Cette solution a été écartée d’emblée par le président Bernhard qui exigeait que la ville retire son appel à candidatures et vende de gré à gré avec Sud Sainte-Baume. Pour contraindre Bandol d’accepter cet oukase, M. Bernhard a demandé à tous les maires de la CASSB réunis en bureau de voter pour ce dictat qu’il avait décidé. Un autre maire que celui de Bandol a heureusement et courageusement osé dire non cette fois et a voté contre.

Une question reste sans réponse : pourquoi M. Bernhard n’a-t-il pas suivi la procédure normale, c’est-à-dire postuler dans le cadre de l’appel à candidatures ? Que craignait-il ? Son offre était-elle au final réelle ou juste un effet de communication ?

La ville n’a pas d’autre choix que de récupérer l’immeuble

La médiatisation et politisation de cette affaire et les échanges par voie de presse ont bien entendu refroidi les acquéreurs potentiels. Plusieurs ont préféré renoncer.

Il n’y a donc pas d’acquéreur (ni privé, ni public) dans le cadre de la procédure de mise en concurrence. Face à cette nouvelle donne, nous devions agir pour préserver les intérêts de Bandol.

Aussi, après avoir réétudié le dossier sur tous ses aspects, notamment financiers, nous avons décidé que la ville versera à la SOGEBA l’indemnité de résiliation de 2 132 485 € et « redeviendra » ainsi propriétaire de la Maison des Vins.

La proposition à l’office de tourisme tient toujours

Il est malheureusement trop tard aujourd’hui pour envisager d’organiser la fête du millésime dans de bonnes conditions en 2019. Nous regrettons que les représentants de l’association des vins de Bandol aient lié son sort à leur maintien coûte que coûte dans l’emplacement actuel. Nous espérons que ces conditions seront réunies en 2020 pour qu’il y ait à nouveau une belle fête des vins à Bandol.

Par ailleurs, cet immeuble redevenant propriété entière de la ville, il ne devra pas coûter un euro aux Bandolais. Dans ces conditions, il n’est pas possible de maintenir le loyer actuel de l’Oenothèque, qui est nettement inférieur au prix du marché. Leur demande de renouvellement du bail dans les conditions actuelles sera donc prochainement rejetée.

En revanche, bien conscients de l’intérêt d’avoir une vitrine des vins de Bandol sur la commune, nous renouvelons notre offre de transfert de l’Oenothèque à l’emplacement actuel de l’office de tourisme. Comme nous l’avons déjà souligné, cet emplacement est peut-être le meilleur local commercial possible sur Bandol. Il y aura des places de stationnement pour l’Oenothèque, un espace supplémentaire créé pour les stocks et le loyer pourrait là encore être « subventionné par la ville » et équivalent au loyer actuel.

Catégorie: Animations, Finances